LE LYCÉE RODIN
Par Maurice DEIXONNE

Proviseur du Lycée


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Couverture du livre


Le quartier

Sans remonter au temps où, selon le chansonnier, les Mérovingiens chassaient le bison dans les forêts les plus épaisses, il n'est pas facile de capter la physionomie d'un quartier, qui a considérablement évolué depuis un siècle, et dont l'évolution est même en train de s'accélérer. Quel est, par exemple, le visiteur non prévenu qui imaginerait que la Bièvre coule dans la périmètre de notre Lycée ?

La Bièvre ! C'est-à-dire la rivière aux castors. Car tel est bien le sens du mot bièvre, à tel chef qu'au Moyen-Age on finissait pas dire un col de bièvre pour un col de fourrure.


Que de charmants paysages évoquent encore des noms comme ceux de la Butte-aux-Cailles, de la rue du Champ de l'Alouette, de la rue du Moulin-des-Prés! Il y a seulement cent ans, le quartier se résumait essentiellement dans l'Avenue d'Italie, alors rue de Fontainebleau. On vendangeait sur la Butte-aux-Cailles et les amoureux prenaient leurs ébats dans les saules de la Bièvre.


Retraite favorable à des amants cachés,
Faite de flots dormants et de rameaux penchés


Ainsi qu'en témoigne le Passage-des-Artistes, poètes et peintres se donnaient rendez-vous sur le belvédère naturel que constituait la Butte-aux-Cailles, contournée par la Bièvre. Ils aimaient à contempler, comme BALZAC, « la vallée profonde, peuplée de fabriques, à demi-villageoise, clairsemée de verdure », et entendre, avec le héros de Victor HUGO, « les laveuses des Gobelins battre leur linge et, au-dessus de sa tête, les oiseaux chanter et jaser dans les ormes ».


Mais le temps n'était pas loin où l'industrie allait tout submerger. Dès le 15ème siècle, les fameux frères GOBELIN, teinturiers en écarlate. avaient utilisé les eaux de la Bièvre, dont RABELAIS attribuait la vertu à leur forte teneur en urine de chien. Puis les tanneurs se multiplièrent et pas seulement dans l'actuelle rue des Tanneries. C'était là une industrie plus odorante encore. au point que certains expliquent le nom de la rue Mouffetard, qui enjambait la Bièvre sur une mince passerelle dite Pont-aux-Tripes, par ces « mouffettes » c'est-à-dire ces exhalaisons puantes qui montaient de la rivière. Non loin de là, la rue Oudry s'appelait alors la rue des Cornes, à cause du dépôt, également riche en senteurs, où l'on rassemblait les cornes de boeufs provenant des tanneries voisines.


Les temps modernes n'ont pas manqué d'ajouter et parfois de substituer aux tanneries déclinantes une série d'entreprises industrielles et artisanales dont la rue des Cordelières fournit encore un pittoresque échantillonnage. Les vieux habitants du quartier se rappellent le mouvement que mettaient dans la rue les sorties d'usines à midi et à dix-huit heures. Là vivent encore des fils de Communards qui furent parmi les derniers à résister aux Versaillais.

Devant cette population ouvrière reculèrent peu à peu les chiffonniers, brocanteurs, bohémiens, clochards de toutes sortes dont la multiplication avait donné naissance à des asiles et oeuvres de charité dont certains subsistent encore. Et voici qu'une transformation nouvelle est en train de s'opérer : d'ouvrier, le quartier devient résidentiel. Déjà la tour du Lycée a cessé de dominer la vallée où se dresse, rue Croulebarbe, un immeuble qui s'enorgueillit, avec ses 21 étages, d'être le « premier gratte-ciel de Paris ». La Glacière est devenue un vaste chantier d'où jaillissent les murs de béton des HLM. Le temps n'est pas loin où les cours des miracles qui unissent la rue Pascal à la rue des Cordelières céderont à leur tour la place à des immeubles flambants neufs.


Qu'est devenue la Bièvre au cours de ces transformations successives ? Déjà souillée par les déjections d'Antony, d'Arcueil, de Gentilly lorsqu'elle se présente à Paris, près de la Poterne des Peupliers, ce n'est pas sans raison qu'Huysmans la compare à une belle et fraîche campagnarde que la grande ville corrompt après l'avoir exploitée sans pitié ni reconnaissance. Baptisée « la rivière des Gobelins », elle se jetait jadis dans la Seine, près du pont d'Austerlitz. Progressivement recouverte sur tout son cours parisien, elle n'est plus désormais qu'un triste affluent de l'égout collecteur de la rive gauche. Pourtant, elle nous a laissé, avant de disparaître, ce qui fait la gloire du Lycée : cet admirable rideau de peupliers qui longe le Square René LE GALL. C'est très exactement à leur pied, sur une largeur de 3,20 m en deçà du mur séparatif, que coule encore ce qui fut la charmante rivière venue du sud de Versailles pour la joie des amoureux et des poètes. Puissent quelques-uns au moins des Lycéens d'aujourd'hui ne pas fouler ce sol sans accorder encore une pensée à la Rivière aux Castors et à ce Val de Bièvre où s'exhala jadis la tristesse d'Olympio.


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Aspect romantique de la Bièvre au XVIIIe siècle
(Cette gravure est extraite de « Paris à travers les siècles » de Philippe LEFRANÇOIS, chez Calmann-Lévy)




Plan_1810-50


Il sera facile de situer sur ce plan de 1810 le futur Lycée si l’on veut bien considérer que la Rue du Champ de l’Alouette, telle qu’elle figure ici, est devenue la rue Corvisart. Elle part au Nord de l’ex-couvent des Cordelières devenu en 1836 l’hôpital BROCA. La rue des Cordelières et le Lycée lui-même se sont édifiés au sud-est dans les jardins qui aboutissent à la Bièvre.



La tannerie LE MOINE

Selon les renseignements recueillis auprès de M. Robert LE MOINE, ancien propriétaire de la tannerie qui occupait l'emplacement du Lycée, le terrain fut acheté le 18 Fructidor An III au domaine national par un Monsieur LALLEMENT pour un prix de 506 250 francs payables en assignats.


M. LALLEMENT y installait un moulin à tan et une scierie. Mais sans doute lui et ses successeurs ne firent-ils pas de brillantes affaires, puisqu'en 1853 le terrain était vendu à un M. COURTÉPÉE qui y construisait une tannerie modèle, du moins pour l'époque. Malheureusement, le nouveau propriétaire mourait prématurément trois ou quatre ans plus tard, laissant sa femme et ses enfants dans le plus grand embarras.

Puis un M. SCHAKEN, de nationalité belge, acquérait le terrain, mais seulement à titre spéculatif, pour le revendre deux ans plus tard à MM. Achille et Léon DURAND qui exploitèrent la tannerie jusqu'en 1892. A cette date, ils la cédèrent à MM. Albert et Céleska LEMOINE eux-mêmes tanneurs, mais dont l'exploitation venait d'être morcelée par le percement du Boulevard Saint-Marcel. Après le décès de M. Albert LE MOINE, son frère restait seul propriétaire et s’associait son fils Robert, dernier propriétaire avant l'Éducation Nationale.

Où l’Éducation Nationale fait son apparition

Au milieu de ce siècle ce qui fut la tannerie LEMOINE était donc en vente et le 30 mars 1953 le Conseil Municipal décidait d'acquérir immeuble et terrain, soit une superficie de 13 103 mètres carrés à l'angle des rues Corvisart et des Cordelières en vue 'de l'extension du Square René-Le-Gall.

Il est permis de regretter que ce projet si raisonnable n'ait pas vu le jour, car le quartier manque évidemment d'espaces verts et il était tout indiqué d'accroître la largeur du square qui demeure étiré en longueur. Mais tels sont les besoins des villes tentaculaires qu'un promoteur avait déjà jeté son dévolu sur l'ancienne tannerie pour y édifier un groupe d'habitations collectives, quand un troisième larron surgit en la personne de M. l'Inspecteur d'Académie ÉVRARD agissant pour le compte du Ministère de l'Education Nationale. L'arbitrage fut rendu les 31 Mars et ler Avril 1955 : sur le rapport de M. Pierre GIRAUD, que nous retrouverons plusieurs fois au cours de cet historique. Le Conseil Municipal opta pour un futur lycée.

Si l'on admet, en effet qu'il faut un Lycée pour 30.000 habitants, le département de la Seine, avec 6 millions d'âmes aurait besoin de 200 établissements du second degré : or, il n'en compte encore que 70. L'expérience ne devait pas tarder à montrer que le recrutement de l'établissement nouveau ne posait aucun problème - si ce n'est celui de l'exiguïté des locaux.

Dès le départ il était exclu que le Lycée pût disposer sur place d'un stade, en particulier d'un terrain de foot-ball. Et la difficulté était accrue par la sujétion imposée, fort justement d'ailleurs, par le rapport de M. GIRAUD : « Les bâtiments à édifier en bordure de la rue des Cordelières pourraient être de faible hauteur et les espaces libres devraient nécessairement se conjuguer avec le square actuel ». Fort heureusement les travaux furent confiés à un architecte de grand talent, en la personne de M. Jean DEMARET, aujourd'hui Inspecteur Général des Bâtiments Civils et Palais Nationaux, qui sut respecter le voeu du Conseil Municipal et utiliser de façon à la fois harmonieuse et efficace l'espace restreint qui lui était alloué. Bien qu'il ait réduit la surface du terrain à 12 606 mètres carrés, de façon à élargir la rue des Cordelières et qu'il ait distribué des pelouses en façade de tous les bâtiments, l'architecte a réussi à dégager une vaste cour de récréation agrémentée d'un petit jardin à l'anglaise et à réduire à 2 950 mètres carrés la surface des bâtiments principaux (1 290 mètres carrés devaient être absorbés ultérieurement par le gymnase et ses annexes). L'ensemble de la construction se répartit essentiellement en deux ailes rectilignes qui suivent d'assez près le tracé des rues adjacentes et que réunit un arc de cercle, le tout affectant de très près la forme d'une ellipse que domine en son sommet la tour destinée au logement des fonctionnaires.


La vue la plus agréable du monument, parce qu'elle permet d'en saisir les lignes directrices, est celle que l'on peut en prendre lorsqu'on est adossé aux peupliers de la Bièvre, ou mieux encore à travers leur feuillage au printemps ou à l'automne, à partir de la rue Croulebarbe. Rares sont certainement les bâtiments scolaires qui s'intègrent aussi étroitement au cadre qui les accueille.


La construction


Les démolisseurs furent, bien entendu, les premiers a s'emparer du terrain, en mai 1956. Les travaux furent menés rondement: un mois plus tard tombait la grande cheminée qui dominait la tannerie, soulevant les bravos des uns, emportant les regrets des autres.


Séance tenante, la maison B. A. C. C. 1. , responsable du gros oeuvre, entreprenait les fondations. Les travaux étaient dirigés par un ingénieur fort distingué, M. BEAULIEU, assisté sur place par M. D'ORNANETCHE et son chef de chantier, M. LEGROS, à qui nous devons l'admirable spécimen de coquillage préhistorique (cerithium giganteum) découvert dans les fouilles et qui est bien l'occupant le plus lointain que puissent invoquer les humains qui ont pris possession du terrain.

Comme il arrive souvent, surtout dans la région parisienne, le sous-sol réservait des surprises. D'anciennes cuves en bois qui avaient servi pour le tannage des peaux et qui avaient été abandonnées pour des bacs en ciment furent mises à jour sous ce qui est devenu le bloc administratif. Sous les réfectoires, une ancienne fosse d'aisance cimentée n'était pas davantage prévue au programme. Il fallut combler la série de bassins par lesquels la tannerie accédait à la Bièvre pour la détrempe des peaux et même rehausser le sol d'un mètre dans la partie la plus basse, ce qui explique que la cour de récréation surplombe désormais le Square René Le GalL Mais surtout la nature marécageuse du terrain rendit indispensable un radier en béton et un vide sanitaire important sous toutes les constructions.

A mesure que l'édifice s'élevait, d'autres corps de métiers faisaient leur apparition. On nous permettra de ne citer que les entreprises à l'égard desquelles nous nous croyons tenus par une dette de reconnaissance :

GEORDY-CHARLETY

Menuiserie
BOULENGER
Carrelage et lino
BAUDEMENT
Vitrerie
Sté Générale de FONDERIE (BECUVE)
pour la cuisine
KULA
Sanitaires
Industrielle de chauffage, PIQUENARD & SACAR
Chauffage
ASCINTER, ex-EDOUX-SAMAIN
Ascenseur de la tour
MANDLEUR
Couverture
VERGER & DELPORTE
Électricité

Dans bien des cas, des relations durables se sont établies entre l'administration du Lycée et les représentants de ces maisons qui continuent à collaborer à l'oeuvre commune. Mais tout cela n'est pas allé non plus sans incidents dont deux au moins méritent de trouver place dans cet historique.

Le premier se situe au début de 1960, lorsque le Contrôleur des Dépenses Engagées, M. ROSENWALD découvre que l'architecte a entamé la seconde tranche des travaux sans avoir réuni toutes les autorisations nécessaires. Il saisit la Direction du Budget qui, à titre de sanction, décide de supprimer les honoraires de l'Architecte. Celui-ci riposte le 2 Février 1960 en donnant l'ordre aux entrepreneurs d'interrompre les travaux. Effectivement, le 9 Février n'a pas lieu l'habituelle et hebdomadaire réunion de chantier. L'entreprise BACCI, qui est lasse d'avancer de l'argent à l'État et qui ne manque pas de plus vastes travaux à entreprendre prend déjà ses dispositions pour disperser ses équipes.

Le chantier va-t-il donc s'arrêter alors que le Lycée devait être achevé à Pâques ? Bien plus. les locaux déjà en service seront-ils paralysés par la nécessité d'y entreposer le matériel destiné aux salles qui ne pourront pas s'ouvrir ? Que d'argent perdu pour le contribuable, sans même parler du scandale ! Il se trouve fort heureusement que le Proviseur, ancien parlementaire, dispose d'une certaine expérience des affaires publiques. Non sans de longues semaines d'efforts tout rentrera dans l'ordre.

Le second incident fut moins grave mais plus bruyant. M. l'Inspecteur Général HUGUET venait de faire installer aussi coquettement que possible, pour les professeurs d'Éducation physique et pour l'Association sportive des élèves, deux salles au fond du préau. Mais l'O.A.S. veillait. Une bombe placée dans la nuit du 23 au 24 Mai 1962 saccage les deux salles et réveille en sursaut la famille LONGOBARDI qui dormait à l'étage au-dessus. Bien entendu, le dégât est promptement réparé. Une bonne leçon d'instruction civique en passant.

Débuts de la vie scolaire

Presqu'en même temps que les ouvriers, administrateurs, professeurs, élèves faisaient leur apparition sur le terrain, puisque la première rentrée scolaire eut lieu en octobre 1956. Qu'il ne se soit produit aucun incident sérieux au cours de cette cohabitation malgré tout difficile, c'est à l'honneur des uns et des autres. Mais que de scènes hautes en couleur il y aurait lieu de décrire pour faire revivre ces débuts mémorables !

Tannerie Lemoine

La chute de la maison Usher ? Non : la démolition de la dernière villa de la tannerie Lemoine, celle qui s’adossait, rue des Cordelières, à l’usine de Contrôle Bailey. (Photos M. Deixonne)


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L’axe de construction du Lycée. Cette photo, due à Mlle GIRAULT, permet de saisir le dessin d’ensemble de l’immeuble


Tour du Lycée-50


La « tour » du Lycée commence à dominer le chantier (Photo Mlle GIRAULT)


Travaux Lycée-50


Les baraquements du côté de la cour. Ils hébergent notamment la cuisine (Photo Mlle GIRAULT)


Administrativement, le Lycée n'était encore que « l'annexe des Cordelières » dépendant du Lycée Montaigne. Il relevait donc de la souriante autorité du Proviseur de Montaigne, M. COUZINIÉ, et c'est également l'Intendant de Montaigne, M. MANHIABAL qui, chaque semaine, se déplaçait sur les lieux, pour le rendez-vous de chantier. Qu'il nous soit permis de dire au passage la reconnaissance que la filiale doit à la maison-mère. Mais l'établissement avait, bien entendu, son administration locale, représentée par M. CHARLY, en qualité de Directeur, et M. CORRUBLE, alors Sous -Intendant. Que n'ai-je pu obtenir de l'un d'eux le récit direct de cette étrange aventure ?

Le jour de la rentrée une seule baraque provisoire était, paraît-il, prête à recevoir les élèves : une deuxième était à peine terminée; une troisième à peine commencée. Les ouvriers peignaient pendant la classe en s'entendant au préalable avec le professeur sur l'ordre des travaux. Un hangar de la tannerie abritait le réfectoire plus deux autres classes. Une autre classe encore trouvait asile dans une des deux villas de la rue des Cordelières, où logeaient par ailleurs d'une part MM. CHARLY et CORRUBLE, d'autre part le Directeur des services du baccalauréat et un Inspecteur d'Académie. Quant aux autres classes (il y en avait 12 au total), elles valsaient d'un local libre à l'autre. Les bureaux occupaient tout bonnement ceux de la tannerie, soit deux pièces au rez-de-chaussée, l'étage étant habité par le contrôle médical, Mme HAUMAITRE, faisant alors fonction de concierge, se tenait dans un baraquement près de l'entrée.

Ce régime de haute improvisation (les sanitaires ne furent terminés que d'extrême justesse) dura deux mois : octobre et novembre 1956. A ce moment, le réfectoire disposa d'un baraquement autonome et l'on se trouva déjà un peu moins à l'étroit. Mais alors commencèrent les difficultés de chauffage : des poêles ne furent installés qu'à l'extrême limite du supportable. Entre les baraquements, la boue atteignait parfois 20 centimètres d'épaisseur : des caillebotis en bois, comme dans les tranchées de 1914, permettaient de franchir les endroits les plus périlleux, les élèves étant préalablement disposés en colonnes par un.


Ce n'est certes pas sans raison que l'administration supérieure pouvait s'inquiéter d'une rentrée s'opérant dans de pareilles conditions. Etait-ce bien le meilleur moyen d'y parer que de déléguer sur place un Inspecteur d'Académie s'ajoutant à la cohue des parents et des élèves égarés dans le chantier et des professeurs qui se voyaient pour la première fois ? Fort heureusement deux d'entre eux étaient, par erreur, nommés sur le même poste. M. CHARLY en profita lâchement pour les mettre en tête-à-tête avec l'Inspecteur et procéder aux choses urgentes.

A vrai dire, les titulaires ne manquaient pas dès ce premier jour. Parmi ceux qui sont demeurés fidèles à l'établissement, nous relevons les noms de MM. BOREL, BOURGEOIS, de LABRIOLLE, DIENY (aujourd'hui professeur honoraire). D'autres, comme M. CADOUX avaient un service partagé entre Montaigne et les Cordelières. Parmi les agents, M. Le POTTIER exerçait déjà les fonctions d'agent-chef, tandis que M. PETIT confectionnait dans les cuisines de Montaigne les plats destinés à l'annexe et venait les réchauffer sur place. La vérité oblige à dire que les élèves n'en déjeunaient pas moins à l'heure et dans des conditions déjà satisfaisantes.

Du reste, tous ceux qui ont connu cette époque héroïque en ont quelque peu conservé la nostalgie. Autour des villas, un parc splendide étendait ses frondaisons dont notre jardin anglais a conservé à grand-peine, n'est qu'un bien modeste témoin. Des jardins ouvriers s'étendaient sur les pelouses qui entourent le bâtiment administratif. Des haricots verts d'une qualité exceptionnelle y poussaient. parait-il, entre des pêchers et M. CHARLY y cueillait de temps en temps une assiette de fraises, quand ce n'était pas un panier de morilles sur l'emplacement du gymnase.

Cependant les démolitions se poursuivaient l'année suivante et des palissades isolaient du chantier les locaux déjà affectés aux activités scolaires. Les entrées et sorties, qui s'opéraient d'abord rue des Cordelières, se firent, comme aujourd'hui, mais [par] un portail de bois assez délabré, au 27 de la Rue Corvisart. Le mur de clôture de la tannerie subsista longtemps encore rue des Cordelières et on y pouvait lire l'inscription : "Lycée Montaigne, rue des Cordelières".

Certes, les parents n'étaient pas toujours à la noce. L'hiver les galopins de sixième sortaient des fondrières les vêtements maculés de boue. L'été, le moindre vent soulevait des trombes de poussière. Mais quoi ! on faisait, vaille que vaille, ses débuts dans l'enseignement secondaire et il faut bien avouer que le Lycée, une fois majeur. est sûrement devenu moins drôle.


Dénomination du Lycée

Le baptême du Lycée RODIN, c'est à lui seul toute une histoire.


Au début, l'établissement portait le nom d’« Annexe des Cordelières ». Promu Lycée autonome à compter du ler Janvier 1960. il figura dans tous les actes officiels sous l'intitulé modeste de « Lycée mixte » jusqu'à l'arrêté du 6 Juin 1961 qui lui conféra son appellation actuelle.

Un an et demi s'est donc déroulé entre l'acte d'indépendance et la dénomination officielle. Que s'est-il passé dans l'intervalle?

Dès le 14 avril 1959, le Conseil Intérieur de l'établissement (qui était alors celui du Lycée Montaigne élargi aux représentants de l'annexe) avait opté pour le nom de SAINT-EXUPÉRY. Nous y étions encouragés par le Rectorat qui pensait, comme nous, que le prestige de l'aviation était de nature à séduire les jeunes, s'agissant surtout d'un pilote dont l'oeuvre littéraire avait acquis droit de cité dans tous les manuels scolaires.

Déjà le Conseil Municipal de Paris avait, par délibération du 18 Juin 1959 sur le rapport de M. GIRAUD, ratifié notre choix, quand le Rectorat s'avisa qu'un autre Lycée, celui de Mantes-la-Jolie, avait avant nous revendiqué la même appellation. Il n'y avait plus qu'à repartir à zéro, avec cette circonstance aggravante que, l'annexe s'étant entre temps transformée en Lycée, il fallait consulter cette fois son propre Conseil d'Administration et d'abord constituer celui-ci.

C'est le 15 juin 1960 que le problème put être porté à l'ordre du jour de cette assemblée, c'est-à-dire à la veille des vacances scolaires. Le 9 mars 1961, le Conseil Municipal de Paris, toujours sur le rapport de M. GIRAUD, acceptait de troquer SAINT-EXUPÉRY contre RODIN. Le 13 avril 1961, le Conseil Académique ratifiait cette décision. Enfin, la consécration suprême nous arrivait le 25 mai 1961 du Conseil Supérieur de l'Enseignement du Second Degré. Il ne restait plus au Ministère qu'à notifier l'aboutissement de cette longue procédure.

Est-il besoin d'ajouter que, chemin faisant, bien d'autres idées furent lancées que celles qui ont momentanément ou définitivement triomphé ? Il fut question de ZOLA, d'Anatole FRANCE, de Jules VALLÈS, de PROUST, de BERGSON, de CAMUS, de VALÉRY, de JOLIOT-CURIE. PASCAL surtout eut ses chances parce qu'une rue PASCAL débouche sur le Lycée, mais n'y avait-il pas risque de confusion avec le Lycée de Clermont-Ferrand ? Un musicien : RAVEL, un peintre : RENOIR furent également en lice. Un ministre aussi, en la personne de Léo LAGRANGE, qui fit tant pour les jeunes, mais dont le nom est généralement affecté à des stades. Certains défendirent, non sans arguments valables, les titres de « Lycée des Cordelières » et de « Lycée des Gobelins ». Enfin, jusqu'au dernier moment, et même après, un père d'élève, M. DOLIGER, rompit des lances en faveur d'Edmond ROSTAND.

Comme les services Techniques de Topographie et d'Urbanisme eurent sur ces entrefaites la malencontreuse idée de changer les numéros des rues dans lesquelles débouche le Lycée (en particulier notre entrée principale, rue Corvisart, dut abandonner le numéro 39 contre le numéro 19), il ne faut pas s'étonner si, aujourd'hui encore notre courrier subit quelques avatars. En particulier il nous est arrivé de recevoir des lettres au nom du Lycée Radin : c'est là une plaisanterie qui est médiocrement appréciée par M. l'Intendant.


RODIN et le 13e arrondissement

Les règlements en vigueur définissent comme suit les critères auxquels doit répondre la dénomination d'un Lycée :


1°) « Il importe que le personnage dont le nom est proposé ne soit pas uniquement une célébrité locale, mais que, par l'illustration attachée à son nom et par l'éclat des services qu'il a pu rendre au pays, il soit réellement digne de l'hommage public qu'on voudrait décerner à sa mémoire ».

2°} Il faut aussi qu'il ait des attaches locales.

Que RODIN réponde à la première de ces exigences, il serait superflu de s'appesantir sur ce point. En choisissant ce géant de la sculpture moderne, il n'est pas contestable que nous avons attaché notre Lycée à une gloire dont l'éclat dépasse et continuera à dépasser largement nos frontières. N'est-ce pas un poète autrichien, Rainer Maria RILKE, qui a célébré en RODIN « cette forêt, cette mer, l'indescriptible et confiante paix de ce regard ferme et lourd, l'édifice de sa santé et de sa certitude » ? Peut-être n'est-il pas indifférent de souligner. avec le même RILKE, l'euphonie de ce nom de RODIN « vaste comme une constellation de cinq grandes étoiles ».

Un autre genre de considération a pesé dans la balance : la mode qui pousse le Rectorat à réagir consciemment, et non sans raison, contre l'excès d'intellectualisme qui conduit les Français à sous-estimer tout ce qui n'est pas la matière imprimée. Comme si certains de nos musiciens et surtout de nos peintres ne faisaient pas autant pour le renom de notre pays que nos écrivains ou nos savants.

Cela dit, ce qu'on sait peut-être moins, c'est à quel point l'illustre sculpteur est lié au 13ème arrondissement et aux arrondissements limitrophes. mais singulièrement au quartier Croulebarbe. On en trouvera de nombreux témoignages dans le beau livre de Judith CLADEL : « RODIN », chez Grasset.

RODIN (un nom qui signifie vraisemblablement le rouge, le puissant) est né le 12 Novembre 1840 au N°3, rue de l'Arbalète, presqu'à l'angle de la rue Mouffetard. Ses ancêtres étaient des rouliers. Peut-être doit-il à ses origines modestes sa passion du travail !


« Je suis un plébéien », aimait-il à rappeler. Il a été baptisé à l'église Saint-Médard et il est allé à l'école des Frères de la rue du Val-de-Grâce où il n'apprit rigoureusement rien. Toute la vaste culture qu'il devait acquérir par la suite est celle d'un autodidacte. Élève à l'Ecole des Arts Décoratifs, il dessine à la Manufacture des Gobelins, au Muséum et au Marché aux Chevaux qui se tenait alors à l'angle du Boulevard Saint-Marcel et du Boulevard de l'Hôpital.

Pour gagner sa vie, il exécute des oeuvres sur commande, par exemple les cariatides que l'on peut voir encore au Ciné-Théâtre des Gobelins, au N° 73 de l'avenue du même nom.

Ses parents ayant déménagé 91 rue de la Tombe-Issoire, il y rencontre Rose BEURET, qui devait être la compagne de sa vie et qu'il a éternisée sous les traits de MIGNON et de BELLONE. Il habite successivement plusieurs maisons, rue des Fossés Saint -Jacques, rue Saint-Jacques, rue des Grands-Augustins. Il loue son premier atelier rue Le Brun. Il en occupera un autre, 68, Boulevard d'Italie, au Clos Payen, près de la Bièvre, dans l'ancienne « Folie » qui avait appartenu à CORVISART, le médecin de NAPOLEON 1er.

Faut-il penser que ces pérégrinations dans le 13ème et autour du 13ème résultent simplement du hasard qui a fait naître RODIN dans la « Mouffe » ? Elles traduisent en réalité un profond attachement de l'artiste pour le lieu de son enfance. Un de ses rêves fut d'acheter pour y vivre, la Folie Regnault, un des magnifiques domaines dont le 18ème siècle avait peuplé le quartier.

Presque mourant (il devait s'éteindre le 17 Novembre 1917), il se fera porter dans la maison de ses parents, au faubourg Saint-Jacques. Lorsque, jeune encore, il avait fait enterrer son père au cimetière de Montrouge, c'était bien avec l'idée de l'y rejoindre un jour. Il ne prévoyait pas alors que sa grandeur future lui vaudrait une tombe solitaire à Meudon dans le jardin de sa villa des Brillants.

RODIN et MONET

Le premier Lycée qui fut construit dans le 13ème arrondissement est le Lycée Claude MONET. Quand on y réfléchit, cette particularité aurait dû nous incliner d'emblée à choisir le nom de RODIN, puisque les deux hommes furent profondément liés dans leur vie et dans leur art.

Ce fut pour eux une grande joie de découvrir qu'ils étaient nés la même année et le même jour, le 14 novembre 1840 (en fait il y eut un décalage de deux jours entre la naissance de RODIN et sa déclaration à l'état-civil).

En 1889, ils exposèrent ensemble. Et à l'Exposition Universelle de 1900, le catalogue des oeuvres de RODIN était ainsi préfacé par Claude MONET : « Ce que je tiens à dire, c'est ma grande admiration pour cet homme unique en son temps et grand parmi les grands ».

En unissant les mémoires des deux illustres artistes, nos Lycées prolongent une grande amitié et une profonde estime. Ils rendent aussi hommage à une époque qui fut celle d'une immense révolution dans l'art et qu'André MALRAUX définit en ces termes : « En deux ans, de 1839 à 1841, naissent CEZANNE, SISLEY, MONET, RODIN, REDON, RENOIR : pour chacun l'univers deviendra le moyen éclatant de son propre langage. La fin dont l'acuité de la vision n'est que le moyen, c'est la transformation des choses en un univers plastique autonome, cohérent et particulier. Bientôt VAN GOGH va peindre. A la représentation du monde succède son annexion ». (Les Voix du Silence, p. 117).

L’Age d’Airain

C'est à M. Lucien PAYE, alors Ministre de l'Education Nationale, que notre Lycée doit l'admirable bronze érigé dans sa cour d'honneur. Le Ministre voulut bien dégager pour cette acquisition un crédit d'un million d'anciens francs et charger M. l'Inspecteur Général RENARD de mener les négociations à bonne fin. De son côté, Madame Cécile GOLDSCHEIDER renonça généreusement à la perception de tout droit d'auteur en faveur du Musée RODIN. dont elle est le Conservateur.

Empruntons une fois de plus à Madame Judith CLADEL l'étonnante histoire de l'Age d'Airain. RODIN vient d'accomplir en Italie un voyage qui sera décisif pour l’évolution de son art en le libérant définitivement de l'académisme. Éperdu d'admiration pour l'oeuvre de MICHEL-ANGE, il en revient avec la religion de tout ce qui peut exprimer plastiquement le déchaînement des passions humaines: le mouvement, le relief, les formes saillantes, le « soulevé », comme il dit, l'exagération voulue des creux et des bosses.

Age d Airain-50


L’Age d’Airain (photo M. MARTY)


Il se trouve alors en Belgique, où un jeune soldat du Génie Auguste NEYT, obtient l'autorisation de poser pour lui. Pendant dix huit mois, jusqu'en décembre 1876, il travaille avec fureur à cet unique objet. « Il ne faut pas se hâter, disait-il... il suffit qu'un artiste fasse une seule statue pour établir sa réputation ». Grimpé sur une échelle, il en modèle tous les profils, étudiant tous les plans de la tête, des épaules, des hanches.

En janvier 1877, enfin satisfait de son oeuvre, il se décide à l'envoyer à l'Exposition du Cercle Artistique de Bruxelles. « Cette admirable colonne humaine. écrit Madame Judith CLADEL, est la figuration du drame intérieur qu'il vient de vivre. Pris dans le courant d'émotions immédiates et encore récentes, (la France est encore sous le coup de la défaite de 1870), il l'a tout d'abord intitulée LE VAINCU, mais une fois sortie de son cerveau et de ses mains, elle s'est animée d'une vie propre, élargie aux proportions du symbole, et elle lui a dicté son véritable titre : L'HOMME QUI S'ÉVEILLE A LA NATURE. »

Ce fut aussi, hélas ! l'homme qui s'éveille au scandale. Un journal, l'Étoile Belge. accusa RODIN de n'avoir pas fait oeuvre de sculpteur mais d'avoir simplement assemblé habilement une série de moulages en plâtre effectués sur nature. Protestation indignée du sculpteur ! « Si quelque connaisseur, écrit RODIN, veut me faire le plaisir de s'en assurer, je le mettrai en présence de mon modèle et il pourra constater à quel point une interprétation artistique doit s'éloigner d'une copie servile ».

Dans l'espoir d'obtenir une réparation éclatante, RODIN envoie sa statue au Salon de Paris. Entre temps, il a supprimé la longue pique que tenait l’éphèbe et il l’a intitulée « L’AGE D’AIRAIN ». Mais la calomnie a suivi son chemin. « L'ardente et fière figure, son charme juvénile, la sève mystérieuse qui vivifie ses formes » ne suffisent pas, écrit Madame Judith CLADEL, à emporter toutes les convictions. En vain Auguste NEYT propose d'exposer son corps nu à côté de la statue : il lui eût fallu une permission spéciale difficile à obtenir. En vain s’imposera-t’il l’épreuve du moulage sur nature : lorsque les caisses contenant les plâtres arriveront à grands frais à Paris, les esprits seront ailleurs, et nul ne songera à les ouvrir.

En attendant, L'AGE D’AIRAIN n'obtient pas l'importante récompense qui eût compensé pour RODIN le préjudice de ces dégradantes polémiques. Ce n'est que trois ans plus tard que l'État consentit à acquérir le bronze pour 2.200 francs, juste le prix de la fonte, et à le placer dans un des endroits les plus reculés des jardins du Luxembourg.

Cette épreuve qui inaugurait la série de scandales qui devait marquer la vie de RODIN comporte au moins un enseignement. Même si l'on reste confondu devant la stupidité des critiques de l'époque qui n'ont pas su discerner l’abîme qui sépare le réalisme brutal d'un être de chair et la transposition esthétique de ses formes, c'est bien plutôt le reproche inverse que faisait quelques années plus tard la famille HUGO à RODIN : d'avoir pris trop de libertés avec son modèle. Et que dire de l'audacieuse reconstitution de BALZAC qui. en pleine affaire DREYFUS, devait soulever tant de passions !

En d'autres termes, l'AGE D’AIRAIN premier chef d'oeuvre du sculpteur se situe comme un point de départ dans une courbe encore loin d'être achevée ― un point de départ que RODIN ne reniera jamais ― mais qu'il aura tendance à oublier au profit d'oeuvres au modelé plus puissant. Oeuvre de jeunesse donc, mais, comme telle, peut-être plus accessible que d'autres aux jeunes dont elle symbolise tout naturellement l'éveil aux plus hautes valeurs intellectuelles et morales.

Mais la petite histoire a ses arcanes, qu'il est toujours amusant de percer à jour. Si notre choix, s'est porté sur l'AGE D'AIRAIN. ce fut aussi pour une autre raison. Une niche avait été prévue par l'architecte pour recevoir une statue dans le hall du Lycée. Problème : quelle oeuvre de RODIN était appropriée aux dimensions de cette niche ? Mme GOLDSCHEIDER voulut bien confirmer notre jugement : l'AGE D’AIRAIN semblait fait sur mesure.

Ainsi fut exécutée à Châtillon-sous-Bagneux par le fondeur Georges RUDIER la douzième réplique de l'AGE d'AIRAIN qui était livrée au Lycée le 25 mai 1962. Mais au moment de l'installer dans l'emplacement qui devait le recevoir, Mme GOLDSCHEIDER fut saisie de remords. Convenait-il de place l'oeuvre en pénitence, ou ne fallait-il pas. au contraire. en faire profiter tout le quartier en la juchant hardiment sur socle, dans la cour d'Honneur ? Car, disait RODIN qui a parlé de « la science du plein air sculptural », « on n'a jamais trop de place pour présenter des sculptures ».

Ainsi fut fait. Mais là. ne s'arrête pas la petite histoire de notre statue. Pensez donc : un nu dans un Lycée mixte ! Audacieux, mais prudent, le Ministre avait d'abord exigé que les Parents d'Élèves prissent l'engagement de ne pas élever d'objection majeure contre ce choix. Il nous fallut donc plaider la cause devant l'unique Association qui existait à l'époque, mais la vérité nous oblige à dire que nul n'eut l'indécence de lancer dans le débat l'ombre même d'une feuille de vigne. Aussi bien, le fait qu'un autre exemplaire de l'AGE D’AIRAIN trône au milieu de la Place RODIN. face à un établissement de jeunes filles, le Lycée Molière, eût-il pu nous dispenser de cette formalité quelque peu dérisoire.

Le buste de RODIN

Rodin par Bourdelle-50


(Photo M. MARTY)


Même avec l'AGE d'AIRAIN, même avec les gouaches qui ornent la salle à manger des professeurs, même avec les excellentes reproductions photographiques, dues à M. René ADELYS, que tous nos visiteurs peuvent admirer dans le bloc administratif, il nous manquait encore quelque chose : une image de RODIN qui fût digne de lui.

Tout de suite, nous avons pensé à l'oeuvre d'Antoine BOURDELLE qui fut le disciple aimé de RODIN et lui-même l'un des maîtres les plus prestigieux de la sculpture contemporaine. Mais ce que nous n'aurions jamais imaginé, lorsque nous nous sommes adressés à Madame DUFET-BOURDELLE, fille du sculpteur, c'est qu'il lui plairait d'offrir à notre collectivité le royal cadeau que représente le bronze fondu par M. GODARD et installé depuis octobre 1962 dans le hall d'entrée du Lycée.

C'est cependant ce qui advint. Désormais le vieux mage inspiré préside, perdu dans son rêve plastique, aux allées et venues de nos lycéens. « 
Que les jeunes soient les officiants de la Beauté »

Mais cette fois encore un malin génie prit plaisir à détourner le buste de la niche à laquelle il était destiné. Car, nous fit justement observer M. DUFET, venu sur place nous faire bénéficier de sa longue expérience de décorateur, ce buste gagne à être vu d'abord de profil, et dans un éclairage qui en anime le modelé.

Il nous restait à faire de la niche une sorte de reposoir de verdure et de fleurs. Il nous restait surtout à remercier aussi dignement qu'il était en notre pouvoir les généreux donateurs. Tel fut l'objet de la manifestation qui se déroula Salle des Fêtes, le 28 novembre 1962. Sous la présidence de M. l'Inspecteur Général RENARD, assisté de M. l'Inspecteur d'Académie VILLÉGIER, et en présence de M. et Mme DUFET-BOURDELLE. Madame GOLDSCHEIDER, Conservateur du Musée RODIN, traça en termes inoubliables le tableau de la vie et de l'oeuvre de RODIN. A la suite de cette conférence était projeté le film des frères ALEKAN, « L’Enfer de RODIN ».

Peut-être n'est-il pas excessif de dire que cette cérémonie remplaça l'inauguration officielle du Lycée que devait présider M. Lucien PAYE et qui fut remise sine die, par suite du voyage du Ministre à Madagascar.

La tapisserie des Gobelins


Depuis la rentrée de 1963, notre Salle des Actes, jusqu'alors déplorablement nue, s'est enrichie d'un remarquable tableau, dû au talent de M. André DUPONT, professeur de dessin au Lycée, qui avait obtenu pour cette toile une Médaille d'or au Salon des Artistes Français et qui vient de remporter le Prix UTRILLO.

Un matin, dans un petit port de la Méditerranée, deux jeunes gens, un garçon de dos, une fille de profil, s'abandonnent avec quelques autres estivants, à l'aimable torpeur des vacances. Le soleil levant se joue sur les collines, sur les vieilles maisons qui se mirent dans la flache du port, sur les marins qui s'affairent dans leurs barques, sur les chaises et les toiles du café où se tiennent les personnages principaux. La scène, traitée sans réalisme agressif et surtout riche d'impressions colorées, a séduit nos jeunes à la fois par l'aimable spectacle qu'elle évoque à leurs yeux et par la fraîcheur d'une touche qui pourrait être celle d'un aquarelliste.

Mais si l'oeuvre de M. André DUPONT habillait magnifiquement un de nos murs, l'essentiel restait à faire : meubler le panneau principal qui s'étend sur plus de cinq mètres de long. C'est alors que nous nous sommes tournés vers notre illustre voisin : cette Manufacture des Gobelins qui a donné son nom à tout le quartier et qui aurait pu tout aussi bien le transmettre au Lycée.

Et c'est ainsi que, le 13 mars 1964, deux ouvriers venaient fixer à nos murs la splendide tapisserie qui n'est pas désormais un de nos moindres sujets d'attraction. L'oeuvre porte la date de 1962. Le carton est de Sylva BERNT, la lissière étant Mme BOURBONNEUX. Cette tapisserie venait de recueillir un grand succès, au cours d'une tournée d'exposition au Canada, dont elle évoquait justement les paysages du Grand Nord.

Dans une forêt passe comme des ombres un troupeau de rennes. Les bois se mêlent aux bois et un ciel étonnant étage sur la scène ses architectures fuligineuses annonciatrices du blizzard. A part quelques touches de rouille, l'ensemble est traité dans une gamme qui va du blanc au gris et aux noirs-bleutés. Quel puissant contraste entre cette dramatique apparition et l'heureuse détente d'un matin à Cassis !

Mais il ne suffit pas d'admirer. Quand on sait que la Manufacture des Gobelins travaille pour l'Élysée, les Ministères, les Ambassades, on ne saurait trop remercier M. Gaëtan PICON, Directeur Général des Arts et Lettres, et M. COURAL, Administrateur Général du Mobilier National et des Manufactures des Gobelins et de Beauvais, d'avoir fait à notre établissement le grand honneur de lui confier le dépôt de cette tapisserie. Un honneur dont il faudra nous montrer dignes.

Une création continue


Tout ce que nous venons de dire en témoigne : un Lycée ne se crée pas en un jour, et ce n'est sans doute pas demain qu'il aura revêtu son aspect définitif.


Jusqu'ici chaque rentrée a apporté du nouveau

En 1959, mise en service de la lère tranche (classes d'enseignement général situées dans l'aile de la Rue Corvisart.)
En 1960, mise en service de la 2ème tranche (salles spécialisées situées dans l'aile de la Rue des Cordelières).
En 1961, mise en service du Gymnase et de la Salle des Fêtes.
En 1962. mise en service de l'auvent sur la cour.
En 1963, réfection du mur séparatif entre le Lycée et le Square.

Conter dans le détail les batailles qu'il a fallu livrer pour la moindre de ces réalisations, ce serait remplacer cette plaquette par un épais volume. Combien d'années, par exemple, ne fallut-il pas réclamer les bancs destinés aux élèves autour du jardin anglais, pour finalement, en désespoir de cause, en prélever le montant sur les fonds de réserve du Lycée ?

A l'heure où nous écrivons ces lignes, d'autres projets sont sur le point de se réaliser.

En premier lieu, le terrain vague de la rue des Reculettes va être aménagé en stade d'appoint. Les 7 et 8 juillet 1960, toujours sur le rapport de M. GIRAUD. le Conseil Municipal avait décidé d'affecter les 3 220 mètres carrés de sa surface à différentes écoles de la ville et en priorité au Lycée RODIN. Mais des réalisations sans doute plus urgentes avaient différé cette réalisation, qui vient enfin d'être retenue par la Commission compétente de la Jeunesse et des Sports.

D'autre part, les vides sanitaires dont nous avions réclamé l'utilisation dès notre arrivée à RODIN, vont enfin être aménagés de façon à héberger le nouveau foyer socio-éducatif, et des cloisons amovibles pourront dégager en cas de besoin une salle de danse de 32,50 m de long.

Les salles de cours et les laboratoires de physique et chimie insuffisants dès l'origine et plus encore avec la multiplication des classes de seconde, vont être portés à la hauteur des besoins.

Une infirmerie digne de ce nom sera installée dans l'ancienne salle de travaux manuels féminins, déjà transportée dans un local plus vaste et mieux éclairé. La salle des professeurs va être agrandie. ainsi que les douches des garçons, la loge du concierge améliorée, les bureaux du Secrétariat munis d'un guichet, etc.

Mais à peine ces projets avaient-ils été mis au point qu'une autre opportunité s'est présentée, avec le départ prochain de l'usine du Contrô1e BAILEY qui occupe un terrain de près de 3 000 mètres carrés en bordure de notre Gymnase. Déjà M. GIRAUD a déposé au Conseil Municipal un voeu tendant à acquérir le terrain au profit du Lycée. Déjà les Inspecteurs de la Jeunesse et des Sports sont venus le reconnaître, Peut-être pour y installer le bassin de natation primitivement prévu sous le préau.


Quand on vous dit que nous vivons dans un monde en voie d'évolution accélérée.


Les effectifs scolaires

Le nombre des élèves a naturellement augmenté comme celui des classes. et même un peu plus, car la demande est telle qu'il a fallu accroître les effectifs de presque toutes les sections. Le record est jusqu'à présent détenu par la classe d'anglais de lère AB A'C qui, en 1961-62 a groupé 49 élèves dans un local prévu pour 40.

Le tableau ci-après résumé la montée des effectifs scolaires depuis la création du Lycée jusqu'à ce jour :


Année de la rentrée scolaire

Nombre d’élèves
Nombre de classes
Moyenne par classe
1956
355
12
29,6
1957
623
18
34,6
1958
766
22
34,8
1959
1099
34
32,3
1960
1345
38
35,4
1961
1641
48
34,2
1962
1805
43
38
1963
1675
47
35,6


Ce dernier total de 1. 675 élèves se décompose comme suit : 893 externes libres, 10 externes surveillés et 772 demi-pensionnaires. On remarquera le nombre relativement élevé des élèves qui prennent au Lycée leur déjeuner (ce qui nécessite deux services et représente à peu près la capacité de production maxima de nos installations) : la plupart habitant à proximité de l'établissement, il faut en conclure, ou bien que le travail de la mère de famille ne lui permet plus d'assurer le repas de midi, ou bien (et peut-être simultanément) que la cuisine du Lycée est appréciée à sa juste valeur. Par contre, le total des externes surveillés apparaît d'autant plus faible que très peu de demi-pensionnaires (72) les rejoignent à l'étude, alors que ces derniers pourraient le faire sans bourse délier : faut-il penser que les familles estiment dans presque tous les cas suffisantes les conditions de travail qu'elles peuvent assurer à domicile à leurs enfants ? On aimerait croire que telle est bien la réalité…

Mais, revenant à l'effectif total des élèves, on notera surtout que la cote de sécurité est dépassée depuis 1960, puisque, lorsque fut accordé le permis de construire, ce fut sous la condition suivante: « limiter à 1.400 le nombre des élèves admis dans l'établissement »
(1). Et même, si l'on respectait l'ancienne norme - 10 m2 par élève - le Lycée ne devrait en accueillir que 1 260. Pourtant, à partir de 1963, sous l'effet de nos protestations, appuyées par les Associations de professeurs et de parents d'élèves, s'amorce, timidement encore, un renversement de la tendance. Ira-t-il jusqu'à nous restituer cet effectif d'environ 500 élèves qu'une circulaire de M. MONOD. Directeur de l'Enseignement du Second degré au lendemain de la Libération, considérait comme le nombre optimum ? Dans les circonstances actuelles, il serait sans doute imprudent de le fixer comme un objectif à court terme.

Origine des élèves

Pour reprendre la nomenclature des rapports administratifs. voici comment, en 1961-62, se répartissaient les 1. 579 élèves de RODIN, eu égard à leur origine sociale :


Agriculteurs

1

Salariés agricoles

0

Industriels

42

Commerçants

215

Artisans

39

Professions libérales supérieures

279

Cadres moyens

340

Employés

353

Ouvriers

181

Personnel de service

22

Rentiers

44

Autres catégories

63


En ce qui regarde leur provenance scolaire, voici pour ces mêmes élèves. les établissements d'origine :

Classes primaires (entrée en 6e)

234

Collèges d’enseignement général (entrée en 2e)

37

Enseignement technique (changement d’orientation)

2

Enseignement privé (après examen)

17

Classes du Lycée Rodin

1289


dont 540 venant des sections classiques,


594 des sections modernes,


155 redoublants


Quant à l’origine géographique, elle était la suivante :

13e arrondissement

899

14e

157

5e

152

Autres arrondissements

92

Ivry

43

Villejuif

37

Le Kremlin-Bicêtre

31

Montrouge

25

Vitry

25

Gentilly

19

Bagneux

13

Champigny

11

Autres communes

75


Enfin, la répartition par sexes s'établissait comme suit :

454 filles
1 125 garçons.


Quelles réflexions peuvent suggérer ces chiffres ?

On remarquera tout d'abord le caractère relativement modeste des milieux où s'opère notre recrutement. Le Lycée RODIN n'est pas un Lycée de snobs. Et c'est certainement ce qui explique ― autant que le climat libéral qui y règne ― que nous n'ayons jamais connu jusqu'à ce jour de graves difficultés de discipline.

D'autre part, le Lycée tend à recruter ses élèves sur place : dans le nord du 13ème arrondissement, le sud du 5ème et le nord-ouest du 14ème. Le temps n'est plus où on allait au Lycée de son choix : on va tout simplement au Lycée de son quartier.

On peut enfin se demander si la proximité de Claude MONET, aussi longtemps que ce Lycée se voudra exclusivement féminin, permettra d'améliorer sérieusement à RODIN la proportion des filles (2). Une circulaire du 3 Juillet 1957 déclare pourtant que la gémination exige des « effectifs équilibrés » entre garçons et filles. En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que regretter ce déséquilibre entre les sexes, puisque, sur presque tous les plans, l'expérience de la « mixité » semble s'avérer bénéfique.

Le personnel

Quand s'ouvrit l'annexe des Cordelières, 18 professeurs suffisaient à assurer le service ; nous en totalisons aujourd'hui 104. Toutefois, ce nombre ne doit pas faire illusion, car la pénurie des maîtres est telle dans certaines disciplines, par exemple les Sciences physiques ou les travaux manuels que deux, trois ou même quatre personnes sont parfois nommées sur un même poste, chacune ne pouvant nous accorder que quelques heures d'enseignement.

D'autre part, il est au moins une catégorie de personnel dont l'accroissement numérique n'a nullement suivi celui des effectifs scolaires : nous voulons dire les surveillants d'externat. Mais à vrai dire n'est-ce pas plutôt la configuration de l'établissement qui devrait déterminer les points de surveillance dans nos 1 800 mètres de couloirs, larges parfois de 1,55 m ?

Enfin. il paraît difficile de ne pas souligner la féminisation croissante du personnel. Chez les professeurs par exemple. la proportion des femmes qui n'atteignait pas 28% à l'origine, dépasse désormais 57%, c'est-à-dire tout le contraire de ce que l'on peut constater chez les élèves (seulement 34,3% de jeunes filles). Peut-être est-ce l'occasion de rappeler que la circulaire ministérielle du 3 juillet 1957 signalait comme condition favorable à la gémination « une proportion convenable d'hommes et de femmes dans l'encadrement des élèves. »

Quant au nombre des titulaires, on pourra l'établir dans la liste ci-dessous, où leur nom sera suivi d'un astérisque (*).


L'administration comprend :

le Proviseur, M. DEIXONNE * ; le Censeur, Mme SAINT-JEAN PAULIN * ; trois Surveillants Généraux, M. KHlARI, Mme MOYSE *, M. SANCHIS * ; l'Intendant : M. LABRUNIE * ; la Sous -Intendante : Mme MARTY * ; les Adjoints des services économiques : Melle GIRAULT *, M. KLEBER * .

Le secrétariat est assuré par deux rédactrices: Mme VITTECOQ * (Secrétariat du Proviseur) et Mme SEGUIN * (Secrétariat du Censeur), Mme BRUGEL*, Mme ESCLANGON*, Mme KELLER * (Secrétariat général), Mme LECLERC (affectée au Service de la Documentation)' et Mme TAILLANDlER * (détachée à l'Intendance ).


Professeurs 58-59-50


Quelques-uns des professeurs de l’année scolaire 1958-1959


Les Professeurs se répartissent comme suit :

Mathématiques :

Mme AVIGNON, Melle BARROIS *, Mme CAUBET *, M. COLLOT *, M. GOZY, M. HIGELIN, Mme LABORIE *, Melle LECOLTIE *, Melle LODS *, Mme OKAL *, Melle PHILIPPE *, M. ROUMANET *.

Sciences physiques :

M. AUGER, M. BACELON, Melle DUCLOS *, Melle GHIDINA *, Mme GOURDON, M. GUY, M. LEZIN, Melle MOUTON *, Mme SELLIER *.

Sciences Naturelles :

Mme BILLARD *, Mme BUVAT *, Melle MOREAU*, Mme RENNESSON *, Mme TRICHET *.

Philosophie :

M. BOURGNE *, Melle CHASSEUR *, M. GUERRE.

Histoire et géographie :

M. ARVEILLER *, Melle ATTALI *, Melle BIREAUD *, Melle BOUGAIN, Melle BRELINGARD, M. HAUREZ *, M. HEMERY *, Mme LEVASSEUR *, Mme MANACH, Melle QUINSAT *, M. TOURNAIRE *

Lettres classiques :

Mme BONNEAU *, M. BOURGEOIS *, Mme CHANTEMERLE, Mme COLLOT *, M. DANROC *, Melle DIRIE *, M. GARNIER *, M. LAUBREAUX *, M. LUCCIONI *, M. MARION *, M. MORALES, M. NANICHE, Melle PARGUEY, Mme PREDINE *, Mme QUERNEAU *, M. SAURET.

Lettres Modernes :

M, DEMURGER *, Mme FRASSATI
, Mme GRANDET *.

Allemand :

Melle BLANCHET, Mme DURAND *. M. JAEGER *, Melle LESAGE *, Melle PELLERIN, Melle SENIL *.

Anglais :

Melle BENIER *, M. BOREL *, Mme BOUSCAREN *, M. BOUSCAREN
*, M. GAUDEMER *, Mme KEPEL *. Melle MILET, M. PEPIN, Mme PETIT *, M. QUEMENEUR *, M. SAUCIER.

Espagnol :

M, COUFFON, Melle LESCURE *, Mme RIVAULT *.

Russe :

M, de LABRIOLLE *, Melle RIBEYROL.

Dessin :

Melle AZAIS, M. DUPONT *, Mme RAFFI *.

Education Musicale :

M. CADOUX *, Mme CONRY *

Travaux manuels :

M. BELNY, Mme DOUCET, M. DUPUY, Melle FONTANES, M. MEREAU, Mme PAUZAT *

Education Physique :

M. AJELLO, M. CROCHE *, M. DI BELLA *, M. FAYOT *, Mme FOUERE *, M. GUILLAUME *, Mme HUCHON *, M. IMBERT *, M. LE GAD *, Mme LOUBIGNAC *, M. MARZIN, Mme PINTURAULT *, M. VIEILLARD.
A cette liste, il y a lieu d'ajouter deux Professeurs qui, ayant pris leur retraite au Lycée RODIN, y ont reçu le titre de Professeurs honoraires et font toujours partie de notre collectivité : M. DIENY (Histoire et Géographie) et Mme LAMBERT (Lettres modernes).

Mais les Professeurs sont loin d'épuiser la liste du personnel de l'établissement.

Adjoints d'enseignement :
M. CARTIER, Mme CAUCHE (qui supplée un Surveillant général en congé de maladie). Mme JOLIVET (chargée de la Bibliothèque des Professeurs et de l'étude des petits), Mme HORN (affectée à la Bibliothèque des Élèves), Mme WORMSER (Service de Documentation).

Service Médico-social :

Mme RENARD *, médecin, Mme PIERSON *, Assistante sociale
(3).

Assistants de langues étrangères :
Melle BUSCH. pour l'allemand, M. BENNET (Néo-Zélandais) et M. LEVNO (Américain) pour l'anglais, M. SANZ pour l'espagnol Mme SOLOVIEFF, pour le russe.

Surveillants d'Externat :

M. BERGER. M. CAUZINILLE, M. CONTARD, Melle DEGOUD, Melle DELOBEL, M. FlNZI, Melle GAYET, Melle GRISON, M. GUINOT, Melle LE BLOND, M. LELLOUCHE, Mme LERONDEAU, M. LESCURE, Melle MARCOMBE, M. MEDDEB, M. MICHELET, Mme NICOLAS, Melle PETILLON, M. TULIPE.

Surveillants de Demi-Pension :

M. BEROLATTI, Melle CAUCHE, M. COUTURIER, M. DITTOO, M. FENNETAUX. M. GIRARD, Melle KELLER, Mme OURDANI, M. RAMANBASON, M. TERRAL, M. TOUREL.

Agents :

M. LE POTTIER *, Agent-Chef, M. PETIT *, Chef-cuisinier M. VIGON *, second de cuisine, M. ALLANIC *, factotum, M. FOURNIAL *, ouvrier-spécialiste, Mme PUCCINI *, infirmière-lingère, Mme ALLANIC * et Mme HAUMAITRE *, aides de Laboratoire, M. PRIGENT *, Concierge-Vaguemestre.


Sont en outre Agents non spécialistes :

Mme ANDRES *, Mme BRUNEAUX, Mme COEURTON, M. COULON, M. DEROIN *, Mme DEROIN *, Mme DOREAU *, M. FIGUERAS *, Mme FIGUERAS, Mme FRADIN *, Melle FRANC *, Mme HANOCQ *, Mme HENRY, M. JEGADO *, Mme JUINO, Melle KAICHINGER, Mme LANGLOIS, Mme LE POTTIER *, Mme LOUESDON *, Mme LOUSTALOT *, Mme MILLION *, M. MORICE, M. OLLIVIER *, Mme PETIT*, Mme PRIGENT, Mme ROUSSEL *, M. URIEN *, Mme URIEN.

Si l'on ajoute à cette liste les aumôniers (M. le Rabbin ABITBOL, israëlite ; M. le Pasteur GALICHER, protestant ; M. l'Abbé SINOIR, catholique), voilà très exactement 203 personnes affectées (en totalité ou en partie) au service de 1 675 élèves. Est-ce qu'il n'y a pas un enseignement à tirer de ces chiffres? Est-ce que chacun de nos élèves ne devrait pas se considérer comme privilégié. notamment dans un quartier où tant d'enfants sont encore abandonnés à eux-mêmes ? Est-ce qu'enfin nous ne sommes pas fondés à exiger un rendement minimum d'un appareil aussi onéreux pour le contribuable lors même qu'il apparait encore fort au-dessous des besoins immenses et trop généralement insoupçonnés qui sont ceux d'une véritable éducation de nos jeunes ?


Plan du Lycée-50
On trouvera sur ce plan, dressé par Mlle GIRAULT et photographié par M. MARTY, la répartition des salles de classe.
Rappelons que les salles d’enseognement général sont situées rue Corvisart, les salles spécialisées rue des Cordelières, le préau formant charnière entre les deux ailes du bâtiment principal.





QUELQUES INSTITUTIONS OFFICIELLES


Rares sont probablement ceux de nos lecteurs qui savent avec précision comment se gère un Lycée d'Etat. Mais peut-être n'est -ce pas le lieu de nous livrer à un cours de droit administratif. Aussi nous contenterons-nous de quelques indications sommaires.

Il existe tout d'abord un Conseil d'Administration chargé essentiellement de voter le budget du Lycée (environ 500.000 francs) et d'en surveiller l'exécution.

Ce Conseil comprend trois groupes de membres :

Des membres de droit:

Le Recteur de l'Académie de Paris, Président (M. ROCHE) ; le Préfet de la Seine (M. HAAS-PICARD), l'Inspecteur d'Académie chargé du secteur (M. VILLEGIER). le Maire du 13ème arrondissement (M. AVISSE), le Proviseur (M. DElXONNE). le Censeur (Mme SAINT-JEAN PAULIN), le Surveillant Général le plus ancien dans ses fonctions (Mme MOYSE), l'Intendant (M. LABRUNIE), le Sous-Intendant (Mme MARTY). le Chef du Service départemental de la Jeunesse et des Sports (M. BARTEL), l'Inspecteur régional de la Santé scolaire (Dr. AUREGAN), l'Inspecteur de l'Enseignement technique adjoint à l'Inspecteur d'Académie (M. BARRE).
Des membres élus par trois collèges électoraux différents :

des Professeurs : Mme BUVAT, M. COLLOT, M. DEMURGER. Mme KEPEL, Mme LOUBIGNAC, M. QUEMENEUR.
des Surveillants : M. CONTARD (4).
un Agent : M. LE POTTIER.

Des membres désignés :
M, BERTHET, chargé de la Formation Professionnelle au Commissariat à l'Energie Atomique ; Mme. DENIAU qui représente les Associations Familiales ; Mme FERON, qui participe à la Direction d'une fabrique et d'un commerce de chaussures ; Mlle GACHARD, Chef de service au Bureau central d'Etudes pour les équipements d'Outre-Mer; M. GUTFREUND, Président de la Commission de laiterie du Syndicat de la crémerie de la Région parisienne, M, LAPORTE, Inspecteur des Contributions Directes, Président de l'Association des Parents d'Elèves du Lycée RODIN.

Comme on le voit, il s'agit là d'un organisme assez lourd dont le Proviseur se contente de réunir la "section permanente" chaque fois qu'une décision d'ordre mineur n'exige pas que le Conseil d'Administration siège en totalité.

Cette section permanente comprend le Proviseur, le Censeur, l'Intendant, le Surveillant Général le plus ancien dans ses fonctions, enfin les représentants élus du personnel enseignant, du personnel
de surveillance et des agents. En d'autres termes la section permanente ne retient que les membres du Conseil d'Administration faisant partie du personnel de l'Etablissement.

Cette section permanente exerce par ailleurs deux autres fonctions fort importantes :

En tant que Conseil Intérieur du Lycée, elle veille en quelque sorte sur sa santé morale. Elle s'adjoint alors trois élèves élus par leurs camarades et qui sont actuellement : Jean-Pierre VIETTI, de Math-Elem. II, représentant les élèves de 1ère et classes terminales, Jean-Luc BRILLOUET, de 2ème M 2, représentant les élèves de 3ème et 2ème, Claude ALZIEU, de 4ème M 3, représentant les élèves de 6ème, 5ème, et 4ème. Une des tâches du Conseil Intérieur est de gérer la Caisse de Solidarité qui nous a rendu déjà bien des services et qui a notamment permis de parrainer pendant des années difficiles l'école algérienne de Tiaret.

Enfin, en tant que Conseil de Discipline, la section permanente statue sur les affaires d'une gravité exceptionnelle. Elle est alors assistée, à titre consultatif, par Mme PIERSON, Assistante sociale, par Mme DENIAU, représentant les Parents d'Elèves, enfin par un des élèves membre du Conseil Intérieur, celui qui est concerné par l'affaire en cours.

Nous sera-t-il permis d'exprimer le souhait que les réunions de ce dernier organisme, déjà fort rares, disparaissent complètement de notre emploi du temps ?



AUTOUR DU LYCEE


Un jour viendra où tout établissement scolaire, au lieu de mener une vie étriquée, peureusement repliée sur elle-même, sera largement ouvert sur le monde extérieur et exercera, dans toute sa sphère d'influence, le rayonnement culturel conforme à sa mission.
Il faut pourtant convenir que PARIS est naturellement plus riche en possibilités de toutes sortes que beaucoup de localités provinciales et que par ailleurs un Lycée d'externes ne dispose pas de l'organisation et du personnel qui lui permettraient d'ouvrir ses portes à la population après les heures de classe.

Compte tenu de ces difficultés. il a cependant été possible de tenter avec notre Gymnase une expérience du plus haut intérêt. Renonçant provisoirement à certains travaux pourtant indispensables (revêtement du sol des couloirs, pose de bancs de déshabillage) nous avons accepté qu'une partie de nos crédits fat détournée au profit de la construction d'une entrée spéciale dans la rue des Cordelières et d'une loge destinée à un concierge de la Ville de Paris, afin de permettre aux équipes sportives du quartier de profiter de nos installations pendant les heures où elles n'étaient plus utilisées par les scolaires. A cet effet, nous avons passé avec la Ville un contrat qui paraît donner entière satisfaction aux usagers. De notre côté, l'expérience n'a entraîné jusqu'ici aucune difficulté majeure.

D'autre part, le Lycée est de temps en temps le théâtre de manifestations que nous voudrions ne pas rendre inutilement tapageuses, mais dont il nous arrive de déplorer qu'elles n'aient pas parfois toute l'audience qu'elles mériteraient. A vrai dire, n'est-ce pas déjà tout un problème pour un chef d'établissement de communiquer utilement avec tous les membres d'une collectivité d'environ deux mille personnes ? A cet égard notre organisation se perfectionne sans avoir encore trouvé une forme pleinement satisfaisante.

Deux Associations de Parents d'Elèves ont jusqu'à présent vu le jour : « l'Association des Parents d'Elèves du Lycée RODIN » (adhérant à la Fédération Nationale des Associations de Parents d'Elèves des Lycées et Collèges Français), qui fut successivement dirigée par MM. RIGAUX et PANIE au temps de l'annexe et qui est présidée par M. LAPORTE depuis que le Lycée est devenu autonome ; « l'Association Laïque des Parents d'Elèves du Lycée RODIN » (adhérant à la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves des Ecoles Laïques) sous la présidence de M. OTTAVY.

De leur côté, nos anciens élèves. à peine sortis du Lycée. ont tenu à s'organiser en une « Association Amicale des Anciens Elèves du Lycée RODIN », présidée par Didier ADES, mais qui n'a pas pu être déclarée dans les formes légales étant donné le jeune âge des participants...

Le personnel dispose depuis le début d'une Amicale, présidée par M. BOURGEOIS. Cette Association présente l'originalité de grouper sans exception aucune, toutes les catégories du personnel. Si notre Lycée commence à être connu par son atmosphère agréablement détendue. c'est en grande partie à l'Amicale et à son Président que nous le devons.

Deux Associations sportives se sont constituées. L'une destinée au personnel, pratique la gymnastique féminine et masculine, le foot-ball association, la pétanque et le tennis. L'autre. celle des élèves, s'adonne à l'athlétisme, au basket-hall, au volley-ball, au hand-ball, au foot-ball association, au rugby, à la natation. Entre les deux, des tournois sont parfois organisés, notamment à l'occasion de la traditionnelle journée Omni-Sports. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les élèves ne sont pas toujours gagnants.... (5).

Dès le 22 Avril 1959, une Coopérative scolaire était organisée au Lycée. Son but est de financer nos Clubs culturels et récréatifs et de servir de trait d'union entre eux, d'embellir le Lycée et d'améliorer son matériel, de resserrer les liens de solidarité entre tous les membres de notre collectivité, de contribuer à la formation civique et morale des jeunes. Nous pensons que ces objectifs sont, dans une large mesure, atteints. La Coopérative s'est créé des ressources autonomes. les principales étant le produit des fêtes scolaires et de la vente de petits pains. Elle a pu ainsi acquérir, entre autres choses, deux pianos, du matériel audiovisuel, de nombreux livres pour la bibliothèque des élèves, toutes sortes de gravures, tableaux, fleurs et plantes vertes. Les élèves participent activement à la gestion de la Coopérative à parité avec les adultes et tout récemment ils nous ont agréablement surpris en repoussant avec beaucoup de décision la proposition qui leur était faite de se réserver désormais le monopole de la gestion.

Quant aux Clubs, une bonne vingtaine fonctionnent, très différents les uns des autres. Qu'ils nous pardonnent de nous contenter ici d'une sèche énumération : Académie de philosophie, Bridge-Echecs. Cercle Littéraire, Ciné-Club, Collège mathématique, Danses Folkloriques, Dessin, Etude du lancement des fusées, Histoire de l'Art, Jazz (trois orchestres pour l'instant, dont un a commencé à enregistrer chez Pathé-Marconi), Jeunesses Musicales de France. Journal « Le Cordelier », Orchestre de musique classique, Prises de vues cinématographiques, Reliure, Revue du Lycée, Tennis, Théâtre (deux troupes cette année, et de quelle qualité !)

Tout celà n'épuise pas nos activités para-scolaires. M. DIENY continue à sélectionner chaque année un groupe d'élèves s'intéressant particulièrement à l'archéologie et susceptibles de suivre avec profit les visites commentées du Louvre. Avec le concours de la Coopérative qui fournit dans bien des cas le matériel, des cours payants sont organisés en danse classique, danse expressive moderne, escrime, judo, piano et tennis.

Par ailleurs, en accord avec le Comité Angevin d'Organisation de Colonies de Vacances Laïques, le Lycée propose chaque année aux enfants de moins de quinze ans un séjour à la mer et à la montagne dans les Pyrénées Orientales et en Espagne à des prix qui défient toute concurrence. Pour les plus de quinze ans, c'est l'Association Régionale des Oeuvres Périscolaires Culturelles et Educatives de l'Académie de Paris qui se charge de présenter un programme aux intéressés, le Lycée RODIN ayant d'ailleurs été chargé de recueillir les inscriptions pour tout le 13ème arrondissement et la banlieue Sud. D'autre part, des vacances de neige sont régulièrement organisées par Mme LOUBIGNAC, en France ou en Autriche, tandis que M. BOUSCAREN continue à emmener des groupes d'élèves en Angleterre, et M. SANZ en Espagne.

Finalement, l'idée a été lancée par M. l'Inspecteur Général GALLI de fédérer toutes les Associations existantes et celles qui pourraient naître encore dans un « Foyer socio-éducatif » dont les statuts ont été adoptés en Assemblée Générale le 6 Mars 1964. Il est encore trop tôt pour juger l'apport de cette structure nouvelle. Disons simplement que le Proviseur se demande parfois si, à côté de la machine à fabriquer les bacheliers, il ne se trouve pas à la tête d'un second établissement scolaire.




UNE DISCIPLINE LIBERALE


L'histoire de la discipline au Lycée RODIN peut schématiquement se réduire à trois phases.

Au temps bucolique de l'annexe, M. CHARLY et ses premiers collaborateurs surent y développer une atmosphère heureuse, dans un style que l'on pourrait qualifier de familial et d'artisanal, tout le monde se connaissant et s'efforçant de coopérer de bonne grâce à l'oeuvre commune.


Puis les effectifs ont augmenté. C'est la période délicate où certains se croient tenus de choisir entre la caserne et l'anarchie. Fort heureusement, il est une troisième solution: celle d'une discipline librement consentie. C'est à elle que très résolument nous nous sommes attachés en créant les institution qui intègrent les élèves dans la gestion de leur établissement. Mais les effectifs ont continué à s'accroître, et à un rythme tel qu'une lutte est maintenant engagée entre ces institutions dont la bienfaisance n'est plus à démontrer et l'implacable loi du nombre. Verrons-nous triompher l'anonymat, synonyme d'irresponsabilité ? L'école où l'on éduque cèdera-t-elle le pas à l'usine où l'on bachote ? Le pédagogue disparaîtra-t'il au profit du garde-chiourme ?

Les paris sont ouverts. Un optimisme incoercible nous interdit de renoncer à une politique de libéralisme dont on peut parfois se demander si elle ne relève pas d'un autre âge. Mais décidément, il ne nous paraît pas possible de restaurer des pratiques aussi dégradantes que celle de la « colle » et de tout ce qui s'apparente, de près ou de loin, à un châtiment corporeL Il faut seulement qu'il n'y ait pas malentendu entre les familles et l'administration sur le prix de ce système. Là où sévit le régime des retenues, il est admis qu'un cancre peut les accumuler autant qu'il y a de dimanches dans l'année. Nous avons même connu un élève qui se vantait d'avoir « eu » le Proviseur, parce qu'il avait collectionné plus de retenues qu'il n'y avait de « jours de colle » disponibles.

Rien de tel à RODIN. Ici on estime que les vacances sont faites pour se reposer comme les jours ouvrables pour travailler. Et c'est à prendre ou à laisser. Nous ne dressons pas d'adjudants pour hurler sur les chausses de nos élèves. Nous demandons à nos disciples de faire très tôt l'apprentissage de la liberté. S'ils se sentent une âme de forçat, ils trouveront bien ailleurs quelque bagne plus conforme à leurs voeux.




RELEVE AU PALMARES


Dès 1960, le jeune BUJON Jean-Louis, alors élève de 3ème M1, dans la classe de M. FERRO, se classait 1er de sa catégorie pour toute la France au Concours de la Journée Européenne.

Mais c'est seulement en 1962 que, pour la première fois, des élèves ayant accompli la totalité de leurs études secondaires dans l'établissement ont affronté l'épreuve du baccalauréat, dans les sections qui constituaient alors la première partie de l'examen.

Voici les résultats qui furent enregistrés :

Palmarès 62


Ce sont là des résultats pour le moins honorables, notamment dans la classe de 1ère C1 qui s'est octroyé le record des succès, avec 26 élèves reçus sur 29, soit 89,6 % dont 3 mentions bien (BEAUGAS Christian, BIGARD Jean-Pierre, CARSENAT Jean-Paul) et 3 mentions assez bien
.
L'année suivante, en 1963, le record devait être détenu en 1ère par la classe de 1ère M4 M'l (85,7% de succès à l'examen probatoire et en terminales par la classe de Philosophie (81 % de succès, dont 1 mention bien : JACQUlN Pierre, et 10 mentions assez bien).

Colonie de vacances-50


A la colonie de vacances du Lycée. montée à FONT-FREDE au-dessus de CÉRET, à 1100 mètres d’altitude.
Photo communiquée par M. LEBŒUF



Champions-50


Quelques-uns de nos sportifs photographiés par Mlle GIRAULT dans la cour d’Honneur du Lycée.
De gauche à droite : Mlle PERROUX (5ème M1), MM. GROSGEORGE (Sc. Exp.), GUSTIN (Philo 1), GERTH (Philo 1), TRUBERT (Philo 1)


Sur le plan culturel, un de nos succès les plus flatteurs fut obtenu par le groupe théâtral animé par Mme KEPEL et M. LAUBREAUX. Sélectionné pour représenter la France au concours dramatique scolaire international d'Amsterdam, en décembre 1962, il y remporta trois prix : celui de mise en scène avec Jean-Louis SACKUR ; celui d'interprétation masculine avec Emmanuel GARAND, celui d'interprétation féminine avec Sylvie LEONARD. Et, ce qui n'est pas moins méritoire, la parfaite tenue de nos jeunes artistes nous valut les éloges de l'Ambassade de France à La Haye et du Ministère de l'Education Nationale.

Dans le domaine sportif, les lauriers sont peut-être plus abondants encore. Contentons-nous de relever les Champions de l'Académie de Paris.

En 1959-60, nos Benjamins l'emportent en basket-ball avec BECK, BORLANT, GRAS (capitaine), GUIGUI, LOUIS, NAYIR, RIGAULT et SEBOK. Professeur: M. LIGNOT.

En 1960-61, les Benjamines triomphent à leur tour, toujours en basket-baIl, avec Melles BOYNARD, FLETY, KATZ, LANÇON, MAHE, MIMOUNE (capitaine), PETIT. Professeur: Melle LECLERC.

En 1961-62, c'est en rugby éducatif, catégorie minimes, que le Lycée RODIN est champion d'Académie, avec BARBEY, CHENAL, FERDINAND, FONTANILLE, GERMA, LACHAISE Claude (capitaine), LACHAISE Daniel, MlNlERE et MONS. Professeur: M. ROY.

La même année, nos filles enlèvent en volley -ball le critérium de Paris, avec Melles BUISSON, CADERAS, DALFORT (capitaine), DAOUD, FAVRE, GALLIOT et GARDET. Professeur: Mme FOUERE.

D'autre part, GROSGEORGE est sélectionné dans l'équipe de Paris qui devait gagner le match Seine-Brabant, à Bruxelles, le 7 Mars 1962. GUILLE obtient la 7ème place au Concours Général d'Education Physique. Enfin, GUSTIN, déjà champion d'Académie l'année précédente, s'octroie le titre de champion de France des 1.000 mètres, catégorie cadets dans le temps de 2'35"4/10 ; Professeur: M. VIEILLARD.

Bien entendu, la série continue en 1962-63 : les cadettes, entraînées par M. VIEILLARD, gagnent la Coupe Marie CURIE en hand-ball, tandis que les minimes, sous la direction de M. GUICHARD enlèvent le critérium de Paris en rugby.

Aux championnats de France, nous relevons notamment les places suivantes :

Martine PERROUX, 3ème en natation aux 100 m. des benjamines Professeur : M. AJELLO.

Didier GUSTIN 6ème en course à pied. 1.500 ID, juniors. Professeur: M. GALY.

Francis TRUBERT déjà champion de l'Académie de Paris, 7ème en saut en longueur. Pr. M. GALY.

Que sera-ce quand le Lycée aura sa piscine et son stade ?



PERSPECTIVES D'AVENIR


Dans la période de refonte complète que traversent nos institutions scolaires et qui ne nous a pas laissé un moment de répit depuis la fondation du Lycée. peut-on du moins imaginer vers quel avenir lointain il se dirige ?

Déjà, il nous a été proposé d'y ouvrir des classes préparatoires à certaines grandes écoles (Hautes Etudes Commerciales et Ecole Nationale Supérieure d'Ingénieurs). Nous avons refusé. Pourquoi ?

Tout d'abord, nous ne croyons pas honnête de multiplier le nombre de candidats quand celui des places disponibles n'est pas corrélativement accru, C'est pour nous une question de conscience de conduire nos jeunes gens dans une impasse. Que l'Etat français cesse une politique malthusienne qui ne répond pas aux besoins des sociétés modernes en cadres supérieurs, nous verrons alors ce que nous avons à faire.

Par ailleurs, notre Etablissement est ainsi conçu qu'il dispose d'une unique cour de récréation. Cela nous crée bien des problèmes, par exemple une interdiction générale de fumer qui ne se justifierait pas pour les grands s'ils disposaient d'un terrain en propre. N'est-ce pas accroître singulièrement nos difficultés que de juxtaposer des bambins de dix ans avec des étudiants dont certains auront dépassé. cette fois l'âge de la majorité ?

A vrai dire, une solution se présente aussitôt à l'esprit : supprimer les classes du 1er cycle et ne garder les élèves qu'à partir de la seconde jusqu'au baccalauréat et aux classes préparatoires à l'Enseignement supérieur. Rien à objecter, cette fois, sur le plan de la logique. Une telle métamorphose s'inscrit parfaitement dans le plan de réforme de l'enseignement telle que l'avait conçue la Commission LANGEVIN -WALLON. Si ce plan se réalise, il ne nous restera plus qu'à pleurer sur le départ de ces enfants de 6ème, si touchants à leur arrivée de l'école primaire, si réceptifs aussi longtemps que nous n'étions pas arrivés à les corrompre, à pleurer aussi sur le destin d'un établissement manifestement conçu pour aller de la 6ème aux classes terminales, et où les démolisseurs se mettront à taper dans le ciment encore neuf pour faire place aux laboratoires nécessaires aux grands élèves et que notre impéritie n'aura pas su prévoir.

Ainsi va le monde. Par évolution lente ou par à-coups ; il est bien sûr qu'une maison comme celle-ci ne se crée pas en un jour. Nous nous sommes efforcés d'y travailler de notre mieux. Bonne chance à ceux qui, un jour prochain, recevront à leur tour le flambeau.

______________



En guise de Post-Scriptum
Les lignes qu'on vient de lire, rédigées « sur le tas », comportent certainement de regrettables lacunes, peut-être même des erreurs plus regrettables encore.

Puis-je compter sur l'obligeance du lecteur averti pour me faire part de ses observations en vue d'une éventuelle réédition? Merci.

11 Mai 1964

M.D.



Bièvre-50


La vraie Bièvre à Jouy-en-Josas.
Mais qu’en adviendra-t’il si des constructions d’automobiles, de grands ensembles destinés à l’habitation, une usine de traitement
des ordures — tous projets actuellement à l’étude – viennent polluer ce qu’il en reste ?




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NOTES

1. Exigence formulée par le Service d’Hygiène et de la Sécurité Publique, rapport du Préfet de Police au Ministre de l’Éducation Nationale le 15. 2. 1958. Retour

2. Elle progresse pourtant, mais lentement :
10,4% en 1956
13,8% en 1957
19,5% en 1958
20,9% en 1959
25,0% en 1960
28,6% en 1962
34,3% en 1963.

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3. Ce serait manquer à un devoir de reconnaissance de ne pas signaler les services bénévoles que nous rend Melle CESCHINI, Conseiller-psychologue, à raison de deux séances par semaine, depuis la fin de la précédente année scolaire. Retour


4. Cette catégorie devrait être normalement représentée par 3 élus. L'élection a eu lieu à une époque où le personnel n'était pas au complet et se connaissait à peine. Un seul nom est sorti de l'urne. Retour

5. Les couleurs de l'Association Sportive des élèves sont, depuis le début, le vert et le blanc. Le blason fut dessiné par Melle Dominique BRIN, alors élève de 2ème M 4, sous la direction de Mme RAFFI. Retour